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Fake news et manipulation – bulles, bots et hoaxes

Vrai ou faux ? Réalité ou manipulation ? Les réponses à ces questions ne sont pas toujours faciles à trouver dans la jungle d’Internet. Pour les enfants et les jeunes, prendre du recul par rapport aux textes, aux images et aux vidéos qui leur passent sous les yeux est un grand défi. Ils doivent développer un sens critique et des stratégies pour évaluer la véracité des contenus médiatiques. Les adultes, grâce à leur expérience, ont un rôle important d’accompagnant à jouer dans ce processus d’apprentissage.

84%
DES JEUNES SUISSES UTILISENT LES RÉSEAUX SOCIAUX RÉGULIÈREMENT POUR S’INFORMER (ÉTUDE JAMES 2020).
48%
DES 12-19 ANS SE FONDENT SUR LEURS CONNAISSANCES POUR RECONNAÎTRE D’ÉVENTUELLES FAKE NEWS (JAMESFOCUS 2019).
48 Mio
DE COMPTES TWITTER SONT DES « BOTS », C’EST-À-DIRE QU’ILS NE SONT PAS GÉRÉS PAR UNE PERSONNE PHYSIQUE (ÉTUDE DE L’UNIVERSITÉ DE CALIFORNIE DU SUD ET DE L’UNIVERSITÉ D’INDIANA, 2017).
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Bon à savoir

B.a.-ba des fake news, manipulations et distorsions

Sur Internet, les formes de manipulation et de déformation de la réalité ne manquent pas : publicité (souvent cachée), fausses informations, canulars (appelés aussi hoax) propagés sur le web par des bots, rumeurs, théories pseudo-scientifiques... Comment ces fake news voient-elles le jour ? Que cachent-elles ? Voici quelques définitions, explications et exemples :

 

Bait signifie appât en anglais. Des titres provocants, des histoires dramatiques ou exagérées piquent la curiosité des internautes et les incitent à cliquer pour en savoir davantage, ce qui permet au final de générer des revenus publicitaires.

 

Les fake news (ou fausses nouvelles) sont des fausses nouvelles volontairement diffusés pour manipuler l'opinion publique et elles visent à susciter des émotions, à attiser des peurs ou à semer des doutes. Elles se diffusent sur les réseaux sociaux en un éclair.

 

Les bulles de filtres sont le résultat d'une personnalisation toujours plus poussée des informations et des publicités sur le web. Une sélection inaperçue et automatisée de contenus en fonction des préférences de l'utilisateur a lieu. Ce procédé vise à influencer notre consommation et donc à générer des profits. Le filtrage opéré par les moteurs de recherche et les agrégateurs de contenus peut déformer des faits, les censurer ou polariser les opinions. Aujourd'hui, la plupart des algorithmes ne retiennent pas seulement des données qui nous intéressent, mais y ajoutent des sujets divers pour retenir notre attention.

 

Les hoaxes sont surtout diffusés via Facebook, Twitter ou des messageries comme WhatsApp. En font également partie les poissons d'avril, les canulars dans les journaux et les chaînes de lettres. Contrairement aux fake news, les hoaxes sont de pures inventions. Un exemple est le jeu «Blue Whale» qui circule soi-disant sur les réseaux sociaux et invite les participants à se suicider à la fin du jeu. Des médias ont en fait associé ce jeu, qui n'existe pas, à des suicides réellement commis par des mineurs.

 

La satire utilise l'ironie ou la raillerie, et recourt à des exagérations ou à des sous-entendus pour critiquer une personne, un événement ou une situation. Les enfants ne sont pas toujours capables d'identifier cette figure de style, souvent utilisée par les médias. Des exemples connus sont le Gorafi, Vigousse et Charlie Hebdo.

 

Les social bots (bot est l'abréviation de robot) sont de profils automatisés sur les réseaux sociaux qui génèrent et envoient des réponses automatiques ainsi que des informations préprogrammées. Certains, particulièrement efficaces, vont jusqu'à simuler une identité humaine. D'autres ne font que réunir et transmettre des informations. Les trolls par contre sont des individus en chair et en os. Leur but est d'énerver, de perturber, de provoquer ou de manipuler leurs interlocuteurs. Twitter compte un nombre significatif de bots : 9 à 15 % des profils, selon une étude américaine. Le phénomène est moins répandu sur Facebook. Les social bots peuvent être problématiques, notamment lorsque leurs tweets sont repris par des journalistes. Malheureusement, cela se produit de plus en plus souvent à cause de la concurrence et des impératifs économiques auxquels la presse est soumise.

 

Il existe de nombreux exemples de théories du complot : l’humanité ne serait jamais allée sur la Lune, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 auraient été commandités par les services secrets américains, des sociétés secrètes dirigeraient le monde en sous-main afin d’établir un nouvel ordre mondial... Toutes ces théories ont en commun d’exprimer une défiance envers l’État de droit et ses institutions ainsi que de chercher à occulter toute complexité et de donner des explications manichéennes. Internet constitue un terrain particulièrement favorable à la diffusion des théories du complot. Les opinions sont partagées sur les réseaux sociaux et discutées sur des plateformes dédiées. Les théories du complot sont également utilisées en tant que propagande politique. Elles sont aussi souvent mélangées avec des idéologies pseudoscientifiques.

 

Vrai ou faux - comment les jeunes s'y retrouvent-ils ?

Internet constitue une source d’information toujours plus importante, en particulier pour les jeunes. Les 12-19 ans utilisent plus souvent les réseaux sociaux, les plateformes d’hébergement de vidéos et les moteurs de recherche que les médias classiques tels que la télévision ou la radio pour se tenir informés de l’actualité (politique, sportive, people, etc.) (JAMESfocus 2019). En même temps, Internet souffre pourtant d’une crédibilité très faible. Environ quatre jeunes sur cinq considèrent comme faux au moins la moitié de ce qu’ils lisent ou voient en ligne.

Il n’est souvent pas facile de faire face à ce dilemme. La plupart des jeunes discutent avec leur famille ou leurs amis de la véracité des contenus qu’ils consultent. Environ la moitié d’entre eux vérifie les informations à l’aide de médias considérés comme sérieux ou de divers portails web. Ils sont tout autant à se fier à leur propre savoir, et 26 % font confiance à leur intuition. Seuls 3 % des jeunes interrogés utilisent des outils spécifiques de vérification des faits (fact-checking).

La même enquête a permis de définir les groupes potentiellement les plus perméables aux fake news. Il s'agit, d’une part, des jeunes qui ne montrent que peu ou pas d’intérêt pour l’actualité. Leurs compétences en matière de décryptage des informations sont jugées faibles. Il s’agit, d’autre part, des jeunes qui s’informent principalement par le biais de leur famille et de leurs amis ou par d’Internet. Ces jeunes risquent de reprendre certaines opinions sans y réfléchir.

Il est d’autant plus important pour les parents d’encourager leurs enfants à avoir un esprit critique en utilisant les médias numériques.

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À quoi faut-il faire attention?

Les conseils suivants aident à l'enfant de reconnaître les fake news, les manipulations et les faux profils.

 

Important

Restez vigilant et posez en regard critique sur les contenus online.

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Que peuvent faire les parents ?

Informer et promouvoir l'esprit critique de leurs enfants

  • Parlez avec vos enfants et expliquez-leur que tout ce que l'on trouve sur Internet n'est pas forcément vrai. Montrez-leur qu'il est important de faire preuve d'esprit critique face aux nouvelles, aux informations, aux images et aux vidéos.
  • Cherchez des exemples de fake news, d'images manipulées, etc. et parlez-en.
  • Expliquez-leur les raisons pour lesquelles les fake news sont mises en circulation et qu'ils sont nuisibles, car sources de disputes et de confusion.
  • Informez vos enfants sur les outils en ligne qui peuvent les aider à faire la part des choses et à distinguer les mensonges de la vérité. Il existe pour cela des applications, des tests, des quiz ou des tutoriels, etc. Aidez vos enfants à appliquer des méthodes de vérification plus complexes, comme la vérification de l'URL ou la recherche d'image inversée (pour trouver l'image originale). → Autres informations utiles
  • Montrez-leur comment procéder aux recherches pour trouver des informations fiables et de bonne qualité sur Internet

Signaler des contenus suspects

  • Encouragez vos enfants à vous informer s'ils tombent sur des contenus mensongers ou perturbants.
    • Signalez les fake news ou les contenus inappropriés sur les médias sociaux (Facebook, Twitter, etc.) ou ailleurs, informez les opérateurs concernés. Il existe aussi des services en ligne qui collectent les fausses nouvelles ou d'autres manipulations (www.lemonde.fr/verification/ par ex.).
  • Si vous pensez être tombé sur un contenu illicite, faites une capture d'écran et adressez-vous à la police. → Sécurité et protection des données
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Autres informations utiles

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