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Internet : jouer, échanger, apprendre

Internet constitue une plateforme formidable pour faire ce qui nous plaît : nous divertir, interagir avec d’autres personnes, apprendre de nouvelles choses. Rien d’étonnant donc à ce que les enfants et les adolescents aiment y passer du temps. Ils regardent des vidéos, écoutent de la musique, échangent sur les réseaux sociaux, recherchent des informations ou naviguent sans but précis. Avec autant de possibilités, les parents ont vite fait de perdre le fil. Il est donc d’autant plus important qu’ils discutent avec leur enfant de ce qu’il fait sur Internet et qu’ils l’encouragent à évoluer en toute sécurité sur la Toile.

24%
des 6-13 ans habitant en Suisse ont accès à Internet depuis leur chambre (MIKE 2019).
83%
des adolescents suisses déclarent que leur activité préférée en ligne est de regarder des vidéos (JAMES 2020).
52%
des parents ne vérifient jamais quels sites Internet leur enfant a visités (EU Kids Online : Suisse, 2013).
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Bon à savoir

Le World Wide Web, présent partout et toujours

Internet n'est depuis longtemps plus associé à l'ordinateur fixe de la famille. Ordinateurs portables, tablettes et surtout smartphones nous permettent d'être en ligne pratiquement en permanence et où que l'on soit. Les enfants entrent en contact de plus en plus tôt avec Internet, d'autant qu'il est omniprésent dans la vie quotidienne de leurs parents. 36 % des 6-7 ans et 88 % des 12-13 ans naviguent régulièrement sur Internet (étude MIKE 2019).

Plus les enfants grandissent, plus ils passent de temps sur le Net : les adolescents de 12 à 19 ans y passent en moyenne 2 heures par jour pendant la semaine, contre 3 heures le week-end (selon leurs propres estimations). Mais faire la différence entre l’utilisation du portable et celle d’Internet est pratiquement impossible. Et pendant les jours de la semaine, les jeunes utilisent leur téléphone portable pendant 3 heures ; pendant le week-end, ils l’utilisent pendant 5 heures (étude JAMES 2020).

 

Internet est un espace de divertissement, mais aussi d’information, de communication et d’échange. Les jeunes découvrent et exploitent largement toutes ces possibilités. Les sites qu’ils utilisent le plus sont le portail de vidéos YouTube et le moteur de recherche Google. Les → réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, ainsi les services de messagerie instantanée comme WhatsApp sont aussi très appréciés (→ Communiquer).

L’importance que revêt YouTube chez les jeunes est significative de ce qui plaît le plus à ces derniers sur Internet, à savoir regarder des vidéos. Plus ils grandissent, plus ils y passent de temps – en moyenne un quart d’heure par jour chez les enfants (étude MIKE 2019). Ils recherchent des thèmes qui les intéressent, comme le fitness, la danse ou la cuisine, ou sélectionnent des vidéos qui les sortent complètement de leur quotidien. Il peut s’agir de thèmes inhabituels, voire même insolites (Generation Smartphone 2018). Les jeunes utilisent surtout les réseaux sociaux, les portails vidéo et les moteurs de recherche, regardent des films et des séries en streaming (→ Télévision et streaming) ou naviguent librement (étude JAMES 2020).

Des études s’étant penchées sur cette question montrent que les parents et les enfants en ont une perception différente. Ainsi, 82 % des parents ayant un enfant scolarisé de la 4e à la 6e année indiquent dans une enquête plutôt bien ou très bien savoir ce qu’il fait en ligne. Pourtant, les élèves ne sont que 58 % à le confirmer (étude MIKE 2019). 

Presque tous les parents indiquent avoir fixé des règles pour les questions des contenus visités et de la durée passée sur Internet. 44 % des parents naviguent au moins une fois par semaine avec leur enfant, et seulement 3 % déclarent ne jamais le faire. (étude MIKE 2019)

Les expériences faites par les enfants sur Internet sont en très grande majorité bonnes. Les activités en lignes sont agréables et divertissantes. Elles peuvent aussi être informatives et permettre d’apprendre des choses (→ S'informer et apprendre). 

Mais, en parallèle, la Toile compte aussi de très nombreux contenus qui ne sont pas destinés aux enfants. Ainsi, 27 % des 6-13 ans sont déjà tombés sur quelque chose qui leur a fait peur, 37 % ont vue quelque chose qui n’était pas adapté à leur âge (étude MIKE 2019).

Dans de tels cas, il est très important que les parents soient là pour les accompagner et les soutenir. La plupart des parents discutent avec leur enfant des raisons pour lesquelles certaines pages Internet ne sont pas adaptées pour eux. Près des deux tiers d’entre eux leur expliquent comment réagir lorsqu’ils tombent sur un contenu dérangeant (EU Kids Online Suisse, 2013).

Il est important que les parents aident leur enfant lorsque ce dernier a vécu une expérience dérangeante. Mais les enfants ne sont pas les seuls à avoir besoin de soutien dans une telle situation. Les adolescents aussi font de mauvaises expériences sur Internet : presque la moitié entre eux y ont par exemple déjà été abordés par une personne inconnue ayant des intentions sexuelles (→ Sexualité et pornographie), et un quart des 12-19 ans s’est déjà fait insulter sur Internet → Cyberharcèlement (JAMES 2020).

Quelques préjugés et ce qu’il faut en penser

L’utilisation d’Internet en tant que tel ne peut pas entraîner de dépendance, mais la pratique de certaines activités et la consultation de contenus spécifiques sur Internet, oui. Ce sont en particulier les jeux de rôle en ligne, les réseaux sociaux, les tchats et les contenus pornographiques qui recèlent un potentiel addictif. La dépendance n’est toutefois pas uniquement liée à la consommation de médias ; d’autres facteurs individuels et sociaux entrent en compte.
Cyberdépendance

 

Plus les médias deviennent mobiles et multifonctionnels, plus nous y passons de temps. Cependant, les enfants ont besoin de se distraire, de prendre l’air et de se dépenser pour un bon développement. Confrontés à des stimuli permanents, ils peuvent devenir nerveux et stressés. Une étude de l’université de Leipzig tend à montrer qu’une consommation excessive de médias risque d’entraîner des troubles du comportement, tels qu’une hyperactivité ou des troubles de l’attention. À l’inverse, des troubles du comportement peuvent aussi accroître la consommation de médias (étude LIFE Child, 2018).

Il convient de choisir avec soin les médias que peuvent utiliser en particulier les enfants pour lesquels a été diagnostiqué un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), car un excès de stimuli peut aggraver les problèmes existants.

Les enfants et les jeunes se révèlent souvent bien plus doués dans l’utilisation technique des médias numériques que leurs parents. Ils n’ont toutefois pas conscience d’autres aspects des compétences médiatiques : par exemple, c’est notamment l’expérience de vie qui permet d’évaluer la véracité d’un contenu ou les conséquences et les risques d’une activité. L’accompagnement et le soutien des adultes en la matière sont donc importants.

 

 

Pensez-y

Protéger les enfants signifie aussi les accompagner dans le monde numérique.

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Opportunités et risques

Opportunités

Il n’a jamais été aussi facile de se connecter à Internet ; aujourd’hui, c’est faisable en tout temps et en tout lieu. Il en résulte une flexibilité extrême, par exemple dans la communication (par service de messagerie instantanée) ou dans la recherche d’informations (consulter l’horaire des trains durant ses déplacements). Les smartphones et les tablettes ont en outre fait exploser un gigantesque marché d’applications. De nouvelles offres sont développées en permanence dans différents domaines, du jeu et du divertissement au style de vie et à la santé en passant par la formation et la vie professionnelle.

Qu’il soit utilisé à des fins personnelles ou scolaires, Internet est un gigantesque terrain de jeu et d’apprentissage sur lequel enfants et adolescents peuvent étancher leur soif de découverte et de savoir. On y trouve des contenus divertissants et pédagogiques à voir, à lire, à écouter et auxquels participer dans tous les domaines imaginables. Dans cet océan d’informations, il est important que les jeunes aient des repères pour pouvoir discerner le vrai du faux, faire la différence entre vérité et manipulation (→ Fake news et manipulation). Des moteurs de recherche et des sites Internet adaptés aux enfants leur permettent de naviguer en toute sécurité et de manière ludique (→ S'informer et apprendre).  

La communication et les échanges font partie des éléments essentiels au développement des enfants et des adolescents. Les → médias sociaux, les programmes de messagerie (→ Communiquer), les services de téléphonie par Internet ou les forums en ligne offrent de nombreuses possibilités pour entrer en contact, se mettre en réseau ou interagir, quelle que soit la distance. En se créant un profil personnel sur un site, les jeunes se posent la question de leur identité (→ Image et représentation de soi). Ils testent des approches et voient de quelle manière les autres réagissent face à leurs publications. Le fait de réfléchir à ce qu’on souhaite montrer à travers ses publications stimule la créativité.

La communication et les échanges font partie des éléments essentiels au développement des enfants et des adolescents. Les → médias sociaux, les programmes de messagerie (→ Communiquer), les services de téléphonie par Internet ou les forums en ligne offrent de nombreuses possibilités pour entrer en contact, se mettre en réseau ou interagir, quelle que soit la distance. En se créant un profil personnel sur un site, les jeunes se posent la question de leur identité (→ Image et représentation de soi). Ils testent des approches et voient de quelle manière les autres réagissent face à leurs publications. Le fait de réfléchir à ce qu’on souhaite montrer à travers ses publications stimule la créativité.

Une grande partie de nos activités est analysée en arrière-plan par des programmes informatiques. Ainsi, des algorithmes façonnent pour nous des profils d'utilisateur personnalisés en repérant nos centres d'intérêt et nos habitudes de consommation. Cela signifie que nous recevons une publicité taillée sur mesure et que Facebook nous en propose d'autres sur des thèmes choisis en fonction des publications que l'on aime. L'avantage à cela est que, grâce à cette présélection automatique, nous pouvons avoir directement accès aux informations qui nous intéressent a priori. Mais, comme souvent, il existe aussi un revers de la médaille (cf. risques).

Risques

Internet est fait avant tout pour les adultes. Cela signifie que les enfants et les adolescents risquent fortement de tomber sur des contenus non adaptés à leur âge. Des contenus à caractère violent ou pornographique (→ Médias et violenceSexualité et pornographie) peuvent faire peur ou perturber.

La cybercriminalité est un problème dont l’ampleur ne cesse d’augmenter. L’utilisation abusive des données personnelles, le vol d’identité, l’escroquerie et la tromperie ne sont que quelques-uns des délits existant sur Internet. En rendant des données publiques sans le vouloir ou en étant de bonne foi, les jeunes peuvent aisément se rendre coupables de tels délits et ainsi être victimes de leurs propres actes. Il convient aussi de faire attention aux pièges en matière de coûts dissimulés. → Smartphone et tablette

Pour plus d’informations à ce sujet, rendez-vous sur notre rubrique → Sécurité et protection des données.

Photo de vacances en maillot de bain, vidéo humoristique lors d’une fête entre amis... Une bonne idée sur le moment peut ne plus s’avérer si bonne lorsque les années passent et que le contexte change. Mais tout ce qui a été publié un jour sur Internet, par exemple sur les → réseaux sociaux, s’y trouve encore des années plus tard, parfois même si le contenu en question a été supprimé par son auteur. Nous ne savons jamais vraiment ce qu’il advient d’une publication ni qui y a accès.

L’anonymat garanti par un certain nombre de plateformes en ligne augmente le risque d’être victime de → cyberharcèlement. Les insultes et les actes de harcèlement se répandent très vite sur la Toile.

Dans les tchats ou sur les réseaux sociaux, des pédophiles peuvent facilement aborder des enfants en se faisant passer pour des personnes de leur âge. Ils les importunent en leur envoyant des messages obscènes ou des photos dans des poses suggestives, en demandant à recevoir la même chose ou en essayant d’organiser un rendez-vous. Le sexting, cette pratique qui consiste à s’envoyer des photos ou des vidéos érotiques de soi-même, peut aussi devenir problématique lorsque ces contenus sont rendus publics.

Sexualité et pornographie

L’espace de divertissement infini qu’offre Internet incite certains enfants et adolescents à rester connectés des heures durant. Le temps qu’une personne passe seule devant l’écran n’est toutefois pas la preuve qu’elle est dépendante (→ Cyberdépendance).

Sur Internet, de très nombreuses informations circulent sans avoir été filtrées ni vérifiées. Les enfants et les adolescents n’arrivent pas toujours à bien discerner le vrai du faux, à faire la différence entre validité de l’information et manipulation. Les algorithmes peuvent aussi favoriser une perception faussée, par exemple lorsqu’une personne sur Facebook ne voit que des informations qui correspondent à sa propre vision du monde (ce qu’on appelle une bulle de filtres). → Fake news et manipulation

Par ailleurs, les groupes extrémistes sont particulièrement friands d’Internet pour diffuser leur propagande et essayer ainsi d’appâter les jeunes. → Extrémisme et radicalisation

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Conseils pour les parents

  • Renseignez-vous sur ce que fait votre enfant sur Internet. À quoi s'intéresse-t-il ? Quels sont ses sites préférés ? Qu'est-ce qu'il aime faire ? 
  • Naviguez ensemble, testez des choses, montrez à votre enfant des contenus intéressants et laissez-le vous en montrer aussi. Les enfants ne devraient pas aller sur Internet seuls, en particulier les plus jeunes. De temps en temps, vous pouvez laisser les plus grands naviguer d'eux-mêmes tout en restant à proximité. 
  • N'hésitez pas à poser des questions lorsque vous ne comprenez pas, votre enfant sera heureux de vous expliquer.
  • Soyez là pour lui et amusez-vous ensemble de ce que vous regardez. Il est particulièrement important que votre enfant puisse parler ouvertement de son ressenti et qu'il se sente compris lorsqu'il tombe sur un contenu perturbant.

Choisir des sites et des contenus adaptés aux enfants

  • Recherchez des sites Internet qui correspondent à l'âge de votre enfant. Des sites adaptés aux enfants (dédiés au divertissement, à l'information et à l'apprentissage) doivent présenter les critères suivants :
    • accès libre (sans inscription ni adhésion),
    • conception claire,
    • navigation facile,
    • niveau de langue adapté aux enfants,
    • transmission ludique des connaissances,
    • avertissement lorsque vous quittez le site (par ex. en cliquant sur un lien menant à un autre site),
    • protection des données (aucune donnée personnelle exigée),
    • absence de publicité,
    • mentions légales.
    Vous trouverez plus d'informations à ce sujet dans notre rubrique → S'informer et apprendre.
  • Décrivez à votre enfant les risques existants. Expliquez-lui ce qu’il peut faire pour se protéger, mais aussi comment se comporter s’il tombe sur un contenu non adapté à son âge. Créez une base de confiance pour qu’il vienne se confier à vous si nécessaire.
  • Discutez des contenus et des informations que votre enfant peut vouloir rendre publics, par exemple sur les → réseaux sociaux, de la façon dont il peut → se représenter, et définissez des règles de comportement pour la → communication sur Internet. 
  • Faites prendre conscience à votre enfant qu’il peut aussi (involontairement) commettre un délit, notamment en cas d’infraction au droit d’auteur (→ Acheter et télécharger), ou lorsqu’il partage sans réfléchir avec ses amis des contenus à caractère violent ou pornographique, voire lorsqu’il pratique le sexting (→ Sexualité et pornographie). 
  • Encouragez-le à faire preuve d’esprit critique et à agir de manière réfléchie.
  • Convenez ensemble de règles claires concernant le temps de visionnage permis par jour ou par semaine et les sites, les jeux, les films et les activités autorisés. 
  • Vous pouvez vous inspirer des valeurs indicatives suivantes (tous écrans confondus) :
    • de 3 à 5 ans : 30 minutes par jour au maximum, avec accompagnement d'un adulte
    • de 6 à 9 ans : 5 heures par semaine au maximum
    • de 10 à 12 ans : 10 heures par semaine au maximum
  • En l'occurrence, la durée peut varier selon l'occasion et le contenu.
  • Tenez-vous à ces règles et veillez à aménager aussi des jours sans Internet.
  • Veillez à prendre les mesures de sécurité fondamentales qui s'imposent : programmes de protection de la jeunesse, contrôle parental, filtres, pare-feu, antivirus et mots de passe sûrs. Cliquez ici pour plus d'informations sur la → sécurité et la protection des données.
  • Les appareils mobiles aussi peuvent être protégés en réglant les paramètres. → Smartphone et tablette
  • Gardez toutefois en tête que ces mesures ne procurent qu'une protection partielle, et qu'elles ne remplacent en aucun cas le fait d'accompagner vous-même votre enfant.
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Autres informations utiles


Sites de conseils pour les parents :

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