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Films, télévision, streaming : les risques

Séries, shows télévisés, films d’aventure... Le cinéma et la télévision fascinent les jeunes. Aujourd’hui, Internet, les smartphones et les services de streaming permettent d’accéder facilement à des contenus télévisuels. Cet aspect très pratique permet de se divertir partout et tout le temps, mais s’accompagne aussi de risques : les enfants et les jeunes peuvent aussi tomber sur des contenus perturbants, voire enfreindre le droit d’auteur. En tant que parents, faites attention à ce que votre enfant regarde, et aidez-le à diminuer les risques pour sa sécurité. La présente rubrique vous donne de bons conseils à ce sujet.

54%
des jeunes Suisses regardent des films et des séries en streaming chaque jour ou plusieurs fois par semaine (JAMES 2018).
99%
des parents décident avec leurs enfants de la manière dont ces derniers peuvent utiliser les médias en termes de contenu (MIKE 2019).
80%
des parents regardent la téle au moins une fois par semaine avec leur enfant (MIKE 2019).
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Bon à savoir

Regarder la télévision fait toujours partie des activités les plus pratiquées par les enfants suisses. Quasiment tous les 6-13 ans la regardent de temps en temps, et un peu moins de la moitié d'entre eux la regardent tous les jours ou presque. Plus les enfants sont jeunes, plus ils la regardent souvent ; plus ils grandissent, plus ils la regardent longtemps. Leur temps de visionnage moyen s'élève à près de 40 minutes par jour. La télévision continue d'attirer aussi les adolescents : les deux tiers des jeunes entre 12 et 19 ans la regardent régulièrement (étude MIKE 2019, étude JAMES 2020).

Les contenus télévisuels sont de plus en plus regardés n'importe où et n'importe quand, et les supports pour les visionner se sont diversifiés : les smartphones et les tablettes sont utilisés davantage que le poste de télévision. En outre, 45% des ménages avec un adolescent disposent d'un abonnement télévisuel (étude JAMES 2020). Par ailleurs, les DVD sont de moins en moins utilisés du fait des possibilités qu'offrent Internet et les appareils mobiles. C'est particulièrement le cas chez les adolescents plus âgés, tandis que les élèves d'école primaire sont encore près d'un quart à regarder au moins un DVD ou un Blu-ray par semaine (étude MIKE 2019).

Couplés à la télévision, les smartphones et les tablettes offrent des possibilités supplémentaires en tant qu'écrans secondaires, et pas seulement pour meubler des pauses de publicité avec WhatsApp et Facebook ou pour consulter Wikipédia lors d'émissions de quiz. De plus en plus dÉcrans secondaires : des téléspectateurs de plus en plus actifs'émissions impliquent les téléspectateurs en leur demandant de poser des questions, de rédiger des commentaires, de prendre part à des sondages et à des jeux concours ou de voter. Ce qui est distrayant pour les enfants et les adolescents a cependant surtout des visées purement commerciales. Souvent, la question de protection des données reste floue, par exemple lorsque quelqu'un envoie un selfie qui est ensuite diffusé à l'écran. En outre, les tchats sur écrans secondaires ne sont pas toujours modérés, ce qui laisse le champ libre aux messages offensants et déplacés.

Le streaming permet de regarder des émissions de télévision, des films, des séries ou d'écouter de la musique sans enregistrer les contenus sur son appareil. Les films et les programmes télévisuels sont visionnés soit en direct (live stream), soit en vidéo à la demande (différé). Sur leur site Internet ou leur application, les chaînes de télévision permettent de retrouver gratuitement leurs programmes en ligne. Les plateformes de streaming (par ex. Zattoo, Wilmaa ou Teleboy) regroupent plusieurs diffuseurs.

Les vidéothèques payantes en ligne, comme Netflix, UPC MyPrime, Apple iTunes, Maxdome ou Amazon Prime Video, proposent des contenus disponibles à la demande moyennant en général un abonnement (forfaitaire). Des portails en ligne comme YouTube, des canaux sur les réseaux sociaux ou des médiathèques de chaînes de télévision mettent gratuitement à disposition des offres de streaming. Des fournisseurs streaming musical, comme Spotify, Napster, Deezer ou Soundcloud, proposent des services en partie gratuits, dont les fonctionnalités sont généralement limitées et comportent de la publicité.

Mais les fournisseurs illégaux de streaming vidéo sont aussi populaires, car ils mettent gratuitement à disposition des séries et des films dès leur première diffusion. La Suisse tolère certes le visionnage de telles offres pour la consommation personnelle, mais elles ne sont pas sans risques : les pages illégales peuvent renvoyer vers des maliciels, des publicités frauduleuses ou des contenus non adaptés aux enfants (pornographie, jeux de hasard, etc.). Des infractions au droit d'auteur sont également possibles.

Selon l'étude JAMES (2018), plus d'un tiers des jeunes dispose d'un abonnement à un service de streaming musical ou de films et séries. Par contre, la possibilité de mettre en ligne ses propres vidéos de streaming en direct est encore peu utilisée par les jeunes (par ex. avec YouNow ou Facebook Live).

En Suisse, YouTube est le service de streaming le plus utilisé et de loin le site Internet le plus populaire chez les jeunes. Sur les smartphones et les tablettes également, l'application YouTube est l'une des plus téléchargées, même par les élèves à l'école secondaire.

En théorie, l'âge minimal pour s'inscrire sur YouTube est fixé à 13 ans, mais cette information n'est pas vérifiée. Quiconque y met une vidéo à disposition doit préciser si elle est accessible aux enfants et aux adolescents. En outre, YouTube indique que les vidéos signalées sont vérifiées et, le cas échéant, se voient imposer une limite d'âge, par exemple si leur contenu est vulgaire, violent ou à caractère sexuel. Pour pouvoir regarder ces vidéos, les utilisateurs doivent alors confirmer qu'ils sont majeurs. Ces limites sont toutefois faciles à contourner en donnant un faux âge ou en suivant des guides en ligne.

Un tiers des 6-13 ans utilisent ce portail quasiment tous les jours. Le visionnage de vidéos fait partie de leurs activités les plus appréciées sur Internet, en particulier en grandissant : si les 6-7 ans regardent en moyenne 7 minutes de vidéos pendant un jour de semaine normal (selon les parents), les 10-13 ans visionnent déjà environ 30 minutes. Quatre jeunes sur cinq sont quasiment chaque jour sur YouTube ou d'autres plateformes de vidéos, dont plus de 90 % de garçons, qui y sont donc bien plus actifs que les filles. (étude MIKE 2019, étude JAMES 2020).

La popularité de YouTube a également fait naître un phénomène inédit : les youtubeurs les plus connus, dont les vidéos récoltent des millions de clics, sont devenus de nouveaux modèles pour de nombreux jeunes.
Mises en scène et idéals de beauté

En Suisse, les films à grand succès commercial (blockbusters) sont les préférés des 6-13 ans : Avengers et Harry Potter caracolent en tête du classement. Les séries les plus populaires incluent Thundersmans, Henry Danger et Pokémon (étdue MIKE 2019).

Du côté des séries, ce sont La cada de papel (Haus des Geldes), Riverdale et Prison Break qui sont les plus populaires chez les 12-19 ans (étude JAMES 2020). Les productions télévisuelles francophones les plus prisées sont Les Marseillais et Touche pas à mon poste (étude JAMES 2018).

Les contenus télévisuels, les films et les séries ne sont pas tous adaptés aux jeunes. En regardant la télévision, près de deux tiers des élèves de primaire en Suisse ont déjà fait de mauvaises expériences, que ce soit à cause de contenu qui leur a fait peur ou de contenu non adapté à leur âge. Ce sont surtout les films d’horreur et les scènes de violence qui provoquent de la peur chez eux. De plus, « Harry Potter » est le film qui a été le plus cité comme faisant peur par les enfants.  

Environ trois quarts des parents pensent que leur enfant réagit (plutôt) bien face à des contenus désagréables. Les enfants surmontent mieux ce genre d'expérience en grandissant, et les garçons réagissent mieux que les filles.

Concernant la télévision, presque tous les parents affirment imposer à leur enfant le contenu et la durée de visionnage. 62% d’entre eux fixent des règles définies en ce qui concerne la durée d’utilisation des médias tandis que 38% interviennent spontanément lorsqu’ils trouvent que c’est assez. 4 parents sur 5 définissent en principe quel contenu les enfants peuvent-ils visionner. Le reste des parents décide au cas par cas (Etude Mike, 2019).

En ce qui concerne les films qui passent au cinéma en Suisse, la classification de l'âge se fait à deux niveaux : le distributeur propose une limite d'âge, que la Commission nationale du film et de la protection des mineurs complète par des recommandations en s'inspirant du label allemand FSK (Freiwillige Selbstkontrolle der Filmwirtschaft). Les limites d'âge et les recommandations sont publiées sur le site Internet de la commission (→ Autres informations utiles). Les recommandations restent centrées sur la protection des enfants et des adolescents. Elles ne signifient pas que le film soit adapté - voire utile - aux enfants.

Les DVDs en allemand disposent également d'une limite d'âge de la FSK. Les films en français ou en italien qui sont diffusés au cinéma en Suisse sont classés dans une catégorie d'âge par l'Association suisse du vidéogramme (ASV). En règle générale, les émissions de téléréalité, les documentaires, les journaux télévisés, etc. ne présentent aucune limite d'âge.

D'après l'étude MIKE, plus de 90 % des parents de Suisse alémanique connaissent les recommandations en matière d'âge de la FSK, et presque tous indiquent en général s'y tenir. Parmi les films préférés des élèves de primaire et de secondaire figurent pourtant Harry Potter ou Star Wars, qui sont interdits aux moins de 12 ans.

Des plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon disposent certes de leurs propres fonctionnalités de contrôle parental, mais celles-ci requièrent une implication bien plus importante de la part des parents. Ces derniers doivent examiner les structures de menu du service et définir eux-mêmes un code d'accès à partir de l'âge souhaité. Ils peuvent aussi jouer la sécurité et regarder au préalable les séries et les films. Chaque enfant perçoit en effet les contenus visionnés d'une manière différente, et ses parents doivent donc évaluer quels contenus sont adaptés pour lui.

Le cinéma classique subit de plus en plus la concurrence des services de streaming, mais aussi des évolutions techniques qui améliorent les appareils de télévision et les systèmes audio. Dans de nombreux foyers, la pièce à vivre est devenue un véritable home cinema. En Suisse, le nombre d’entrées de cinéma a reculé au cours des dernières années. Selon l’Office fédéral de la statistique, 13,5 millions de billets ont été vendus en 2017. Ce sont en particulier les entrées des blockbusters (productions à succès) qui influencent ces évolutions.

Les enfants et les adolescents aiment toujours aller au cinéma, mais il s’agit pour la plupart d’entre eux d’un évènement plutôt rare. 12 % des élèves de primaire y vont une fois par mois. Les adolescents sont quant à eux 11 % à s’y rendre toutes les deux semaines, la grande majorité n’y allant qu’une fois par mois, voir moins (étude MIKE 2019, étude JAMES 2018).

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Opportunités et risques

Opportunités

Les télévisions avec accès à Internet (smart TV), les smartphones et les tablettes permettent de regarder la télévision de manière toujours plus flexible et variée : visionner plus tard une émission déjà diffusée, discuter pendant des émissions en cours, suivre en direct un match de football en marchant ou regarder un film téléchargé - il n'existe presque pas de limite.

Lors du téléchargement d'un fichier, une copie de ce fichier est enregistrée sur l'appareil utilisé. S'il s'agit d'un film ou d'une série, cela peut nécessiter un espace de stockage important. Mais il en va différemment pour le streaming : le fichier vidéo ou audio est directement lu, puis il n'est plus disponible sur l'appareil.

L'attrait qu'exercent YouTube et les autres services similaires en tant que portails de divertissement est indéniable. Mais les services de vidéos peuvent aussi être utilisés comme des plateformes d'apprentissage ciblé : que ce soit pour apprendre la guitare, obtenir de l'aide en mathématiques ou trouver des tutoriels de bricolage, l'offre de vidéos pédagogiques et de tutoriels en tous genres est très vaste.

Plus d'informations sur l'apprentissage avec les médias: → Rechercher et apprendre

Risques

Les services de streaming peu fiables regorgent souvent de pièges en matière de coûts et d'utilisation des données personnelles, et d'autres risques pour la sécurité :

  • Une inscription prétendument gratuite peut devenir un piège à l'abonnement lorsqu'elle demande les informations d'une carte de crédit pour pouvoir s'identifier.
  • Les modules d'extension (plug-ins) des navigateurs, comme Flash (Adobe), comportent des failles de sécurité et constituent ainsi des cibles faciles pour les infections par maliciel ou le vol de données.
  • Les sites de streaming qui affirment être sûrs peuvent aussi être piratés. JavaScript Minder permet par exemple de mobiliser en cachette la puissance de calcul des ordinateurs et de la détourner, notamment pour effectuer des transactions en cryptomonnaie (mining).

Plus d'informations sur la rubrique → Sécurité et protection des données.

En général, les services de streaming payant comme Netflix disposent certes de fonctionnalités de contrôle parental, mais les jeunes qui s'y connaissent un peu en informatique peuvent aisément les contourner. En outre, l'application Netflix peut être facilement téléchargée par des mineurs. D'ici à ce qu'ils se créent un compte, il n'y a qu'un pas. De manière générale, les jeunes risquent de voir dans les films ou les séries des contenus susceptibles de les perturber, par exemple des scènes de sexe (→ Sexualité et pornographie) ou de violence. Que des enfants se retrouvent confrontés à des contenus violents peut avoir des conséquences négatives sur leur bien-être et leur comportement. Couplé à d'autres facteurs de risque personnels ou sociaux, le fait de regarder souvent la télévision peut augmenter l'agressivité.

 Les images qui passent à télévision et la succession rapide de séquences peuvent perturber les enfants de moins de 3 ans, qui n'ont de ce fait en principe pas leur place devant un écran. Des DVDs ou des émissions en rediffusion destinés aux enfants de cet âge sont plus adaptés pour leur montrer de courtes séquences. De manière générale, rester trop longtemps devant la télévision peut avoir des conséquences négatives sur la santé, par exemple sur les yeux. En outre, les séries en particulier ont un fort potentiel addictif (→ Cyberdépendance).

Conseils pour le temps maximal à passer devant un écran en fonction de l'âge

Utiliser la télévision comme un moyen éducatif, pour récompenser ou pour punir, c'est lui donner une importance supplémentaire. Une interdiction de regarder la télévision peut renforcer l'envie qu'a l'enfant ou l'adolescent de le faire quand même.

Important

Discuter avec votre enfant des contenus qu’il regarde, l’aide à mieux les assimiler.

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Conseils pour les parents

  • Intéressez-vous à ce que regarde votre enfant à la télévision : quels sont ses émissions et ses films
    préférés ? Qu'est-ce qu'il aime particulièrement dans ces programmes ?
  • Soyez là pour lui et amusez-vous ensemble de ce que vous regardez. Il est particulièrement important que votre enfant puisse parler ouvertement de son ressenti lorsqu'il tombe sur un contenu perturbant et qu'il se sente compris.
  • Respectez les limites d'âge (FSK, ASV) et les recommandations pédagogiques, par exemple celles formulées par la Commission nationale du film et de la protection des mineurs. → Autres informations utiles
  • Regardez le film (ou la série) avec votre enfant, ou regardez-le avant lui, afin de vous assurer qu'il peut le regarder sans risque.
  • Fixez des règles sur ce que votre enfant a le droit de regarder, ainsi que sur la période et la durée de visionnage autorisée.
  • En l'occurrence, la durée peut varier selon l'occasion et le contenu. Des valeurs temporelles approximatives peuvent servir de guides :
    • de 3 à 5 ans : 30 minutes par jour au maximum, avec accompagnement d'un adulte
    • de 6 à 9 ans : 5 heures par semaine au maximum
    • de 10 à 12 ans : 10 heures par semaine au maximum
  • Respectez rigoureusement ces règles.
  • Veillez aussi à prévoir des jours sans écrans.

Veillez à ne pas utiliser télévisions, smartphones et tablettes comme des baby-sitters ni comme des instruments de récompense ou de punition.

  • Discutez le plus tôt possible avec votre enfant des → risques, en particulier concernant le streaming, qui peuvent inclure les infractions au → droit d'auteur
  • Renseignez-vous sur les fonctionnalités de contrôle parental que proposent les différents services, par exemple si vous pouvez rendre accessibles les films au cas par cas, bloquer des contenus non adaptés aux jeunes grâce à un code d'accès ou créer des profils spécifiques aux enfants.
  • Ayez aussi conscience que les paramètres de sécurité, les → programmes spécifiques de contrôle parental et les filtres peuvent être contournés. De tels outils ne vous dispensent en aucun cas d'apprendre à vos enfants à utiliser les médias de manière responsable.
  • Faites également attention aux offres → d'écrans secondaires, par exemple les tchats ou les jeux de hasard qui s'ouvrent pendant la diffusion d'un programme. Discutez des règles de conduite à suivre (par ex. en cas d'insultes) et du risque d'utilisation abusive des données personnelles.
  • Créez dans votre famille un climat propice aux discussions portant sur les médias numériques.
  • Veillez à ce que votre enfant pratique d'autres activités, loin des écrans. Les enfants ont besoin de distractions et de contact direct avec des objets afin que leur cerveau se développe correctement. Il est essentiel pour leur développement sensorimoteur qu'ils prennent l'air frais et se dépensent.
  • Faites attention à vos propres habitudes et donnez l'exemple. Des études montrent qu'il existe une corrélation entre le comportement des enfants par rapport aux médias et aux loisirs et celui de leurs parents.
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Autres informations utiles

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