Navigation avec Access Keys

Thèmes

Extrémisme & haine sur Internet

Sur Internet, les jeunes se retrouvent de plus en plus confrontés à des formes de violence numérique ainsi qu’à des contenus et des propos radicaux. Ils peuvent être exposés à de la propagande, à des actes hostiles et à des insultes, mais aussi partager des pages problématiques sans réfléchir, et parfois sans réaliser qu’il se cache derrière elles une propagande antidémocratique. Il arrive aussi qu’ils soient eux-mêmes auteurs de messages agressifs et haineux. Cela peut d’ailleurs déboucher sur des actes de violence concrets dans le monde réel. Les adolescents ont besoin de repères pour savoir où se situe la limite d’un comportement diffamatoire ou discriminant afin de pouvoir adopter une position claire contre la haine et l’extrémisme. Les parents peuvent les aider à réfléchir sur leur attitude vis-à-vis de la religion, de la discrimination et de la démocratie, à apprendre à débattre de manière constructive et à porter un regard critique sur les contenus qu’ils voient.

{$TEXT.titleCol}

  
  
10%
des 9-16 ans ont été confrontés à des messages de haine dirigés contre des groupes ou des personnes (étude EU Kids Online 2013)
93
voyageurs motivés par le djihad sont partis de Suisse pour des zones de conflits (SRC, août 2018)
51%
des 14-24 ans en Allemagne a déjà signalé des propos haineux aux opérateurs de réseaux sociaux. (Vodafone-Stiftung 2018)
  
  
  

Bon à savoir

  

Extrémisme et radicalisation sur Internet

Les réseaux sociaux, les blogs et les forums de discussion sont autant de plateformes où exprimer des opinions, tenir un discours public ou faire de la propagande. Mais ces canaux de communication sont aussi de plus en plus souvent utilisés pour diffuser des propos discriminatoires ou extrémistes, proférer des discours haineux ou recruter des membres pour des groupes radicaux. Les discours de haine, le lynchage numérique et la radicalisation sur Internet sont devenus des notions courantes dans notre société de la communication.

  

Qu’est-ce que l’extrémisme ?

L’extrémisme est défini par le fait d’être disposé à modifier radicalement une situation, en recourant à la violence si nécessaire, pour instaurer une idéologie absolue (c’est-à-dire considérée comme la seule interprétation vraie) fondée sur des convictions politiques ou religieuses (Kemmesies 2006, p. 11). Il peut aussi constituer un positionnement extrême par rapport à l’identité, à la culture ou à la société. L’extrémisme violent comprend ainsi le terrorisme et tous les autres types de violence fanatique ou haineuse basée sur une idéologie.

  
  

Quelles sont les formes d’extrémisme et à quoi les reconnaît-on ?

Sur Internet, l’extrémisme apparaît sous différentes formes : messages de haine contre les étrangers ou les musulmans, discours racistes ou antisémites, menaces de violence, propagande extrémiste de droite ou de gauche, sexisme ou encore formes extrêmes de cyberharcèlement. Certaines organisations aux idéologies extrémistes alimentent délibérément le sentiment de haine et camouflent souvent leurs propos discriminatoires en les faisant passer pour de la satire, de l’humour ou des informations politiques.

Les propos extrémistes sont diamétralement opposés aux valeurs fondamentales d’une société démocratique, telles que les droits humains, l’égalité, la liberté ou la tolérance. Ils reposent sur une idéologie qui met en exergue les différences et se nourrit de ressentiment contre d’autres groupes, d’autoritarisme ou de refus de la démocratie. Si les extrémismes dont les idées et les valeurs sont contraires à celles de notre société ne sont pas interdits en tant que tels, ceux qui promeuvent ou justifient la violence sont punis par la loi.

  
 
 

Djihadisme

Le djihadisme est un courant fondamentaliste de l'islam qui vise la création d'un État islamique et son expansion par la violence. Tous les individus d'une autre confession religieuse ou partageant d'autres convictions (y c. parmi les musulmans) sont considérés comme des mécréants qu'il faut combattre comme tels. Il s'agit, au-delà d'un système religieux, d'un mouvement politique qui diffuse des théories du complot pour lutter contre la prétendue oppression que subissent les musulmans dans le monde entier. De nombreux jeunes Occidentaux se laissent convaincre de rejoindre Daech ou d'autres groupes djihadistes (par ex. Al-Qaïda).

 
 

Extrémisme de gauche

Les extrémistes de gauche défendent des idées marxistes révolutionnaires ou anarchistes et luttent pour instaurer un système communiste ou une société anarchiste. Ils appellent à résister contre les structures et les institutions étatiques comme l'État de droit, la police ou la démocratie parlementaire. Les extrémistes de gauche usant de violence instrumentalisent souvent les manifestations sociales à des fins politiques. Ils sont connus pour perpétrer des actes de sabotage contre les symboles du capitalisme (banques, commerces, etc.).

 
 

Extrémisme de droite

La propagande de l’extrémisme de droit se nourrit souvent de la peur de l’étranger. Les personnes d’origine étrangère, d’une couleur de peau ou d’une religion différente ainsi que les homosexuels et les handicapés sont particulièrement visés par les attaques et les propos racistes. Le patriotisme démesuré fait partie des signes caractéristiques de cet extrémisme, tout comme l’utilisation de symboles tels que le nombre 88, la croix gammée, le salut nazi, etc.

Les messages d’extrême droite sont souvent bien camouflés et parviennent aux jeunes à travers des vidéos ou des chansons, mais aussi via des pages d’information sur des thèmes de société ou des initiatives locales de citoyens. Vous en trouverez certains exemples sur debunkersdehoax.org ou observatoiredesreseaux.info.

 
 

Discrimination raciale

On parle de discrimination raciale lorsqu’une personne est traitée injustement, insultée, humiliée ou menacée à cause de son origine, de sa couleur de peau, de sa langue ou de sa religion. Actuellement, les attaques contre les réfugiés augmentent massivement. Elles sont liées à des préjugés racistes (et souvent sexistes et islamophobes). Les campagnes de dénigrement se nourrissent d’idées reçues, telles que « les réfugiés abusent de notre système social ». En outre, les réfugiés sont souvent tenus pour responsables des problèmes de notre société, comme la criminalité, la pénurie de logements ou le sexisme. Les extrémistes et les populistes de droite profitent de la situation pour attiser ce ressentiment, que les discussions de bistrot contribuent à diffuser largement. Il arrive aussi que de fausses informations soient divulguées, par exemple des rumeurs sur de présumées infractions commises par les requérants d’asile, qui se transforment en attaques rangées contre ces derniers (source : brochure « Hetze gegen Flüchtlinge in Sozialen Medien », 2016, fondation Amadeu Antonio).

 
 

Racisme anti-musulmans (islamophobie)

« L’expression de racisme anti-musulmans désigne une attitude de rejet des personnes qui se disent musulmanes ou qui sont perçues comme telles. On y retrouve les composantes d’une hostilité envers des personnes issues de certains pays (imprégnés par l’Islam) ou d’une société patriarcale. » (http://www.ekr.admin.ch/themes/f126.html)

 
 

Antisémitisme

La notion d’antisémitisme, utilisée en 1879 par Wilhelm Marr, désigne l’hostilité envers les juifs, perçus comme appartenant à une même « race ». L’antisémitisme actuel est plutôt une réaction à l’attitude générale vis-à-vis de l’antisémitisme et de la Shoah (antisémitisme secondaire) ou à l’Etat d’Israël (antisionisme). L’antisémitisme implique l’idée d’une « conspiration juive mondiale » et fait des « juifs » les boucs émissaires de tous les maux possibles et imaginables. Un certain antisémitisme traditionnel reste latent dans la population suisse (source : Commission rédérale contre le racisme).

 
 

Sexisme et hétérosexisme

Le sexisme désigne une attitude de discrimination basée sur le sexe de la personne. Les femmes sont les plus touchées. L'hétérosexisme est une forme particulière de sexisme qui consiste à discriminer, voire à attaquer physiquement les personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres, intersexuées ou androgynes.

 
 

Discours de haine

Les discours de haine (hate speech) sont la manifestation d’un ressentiment contre des personnes ou des groupes ; ils propagent, alimentent, encouragent ou justifient le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, etc. Le cyberharcèlement peut aussi être une forme de discours de haine ((lien interne vers la rubrique Cybermobbing)). Les victimes sont insultées, exclues ou rabaissées. Dans des cas extrêmes, elles peuvent même être désignées comme cibles d’actes de violence. Le plus souvent, les discours de haine sont proférés via des commentaires postés sous des photos, sur Facebook, des blogs, des pages Internet ou Twitter et Instagram.

 
 

Supportérisme radical

Les hooligans sont le plus souvent de jeunes hommes qui ont l’intention, en général dans un contexte footballistique, de se battre avec d’autres groupes rivaux (de hooligans ou de personnes violentes) ou avec les forces de l’ordre. Ils recherchent par là de l’action, une montée d’adrénaline. Leur code de déontologie leur interdit de s’en prendre à des spectateurs et à des fans « normaux » (Wagner 2002). Il existe d’autres types de groupes radicaux dans le contexte sportif. Ils se distinguent par exemple par leurs convictions politiques et leur niveau d’acceptation de la violence (voir publication « Radikalisierung & Extremismus » de sicher!gsund!).

  

Attention

La liberté d'expression n'est pas sans limites : les attaques contre la dignité humaine ou les appels à la violence sont punissables.

  
  

Radicalisation : la voie vers l’extrémisme

La radicalisation est le processus par lequel une personne adopte des positions toujours plus extrêmes sur les plans politiques, sociaux ou religieux pouvant aller jusqu'au recours à la violence extrême pour atteindre ses buts (The Nordic Safe Cities Guide). Elle peut s'opérer dans les groupes les plus divers : des organisations politiques ou religieuses aux mouvements endoctrinants (sectes, groupes djihadistes), en passant par les bandes de hooligans ou les groupes extrémistes de droite ou de gauche.

Cela montre que les mécanismes en jeu dans la radicalisation sont indépendants de l'orientation idéologique. Il s'agit d'un processus actif, distinct d'un endoctrinement. Différents facteurs concourent de manière individuelle à son émergence, ce qui ne permet pas d'établir un profil type.

Les études sur la radicalisation ne sont pas unanimes quant à la description de l'engrenage qui mène à l'extrémisme (violent). La plupart des modèles et théories identifient toutefois les trois composantes suivantes :

  1. sentiment individuel de hargne, d'insatisfaction ou de conflit (par ex. conflit identitaire), expérience d'exclusion ou climat de tension politique ;
  2. adoption d'une idéologie extrémiste ;
  3. implication dans des dynamiques de groupe et des mécanismes sociologiques caractérisés par la loyauté envers le groupe et la pression du groupe.

L'importance respective de ces trois éléments, leur agencement et leur ordre d'apparition ne font pas l'unanimité parmi les chercheurs. Sans compter que d'autres facteurs pourraient jouer un rôle.

  
  

Dynamique des discours diffamatoires sur Internet

Sur la Toile, les opinions extrêmes se diffusent beaucoup plus rapidement que dans le monde réel, et le seuil d’inhibition empêchant d’adhérer à des propos extrêmes y est aussi plus bas. L’explication tient notamment au fait qu’Internet permet à tout un chacun d’exprimer publiquement ses idées sans devoir révéler son identité. Il est par ailleurs très facile de s’y créer une fausse identité. Enfin, le sentiment d’appartenance à un groupe ou à une communauté se développe plus vite sur la Toile, ce qui peut accélérer le processus de radicalisation.

Les sites de fans d’émissions de télé-réalité sont un bon exemple de cette dynamique : des communautés de jeunes s’y forment régulièrement pour diffuser des commentaires diffamatoires. Pour le chercheur allemand Andreas Zick, spécialisé dans l’analyse des conflits, le besoin d’appartenir à un groupe et de partager des émotions communes fait partie intégrante de la construction de l’identité des jeunes, et les propos haineux en seraient l’une des formes d’expression. Selon Andreas Zick, le processus de radicalisation est fortement dominé par les émotions. Il cite cinq motifs pour expliquer les discours de haine :

  • désir d’appartenir à un groupe ;
  • influence, pouvoir et contrôle ;
  • désir de comprendre le monde (par des simplifications) ;
  • amélioration de l’estime de soi et
  • confiance ou méfiance.
  
 
 

L’extrémisme sur Internet est-il un phénomène répandu ?

Les discours de haine, les activités extrémistes violentes de tout type et les diffamations de nature politique sont de plus en plus fréquents sur Internet ces dernières années. Les réseaux sociaux, notamment, sont utilisés par les groupes extrémistes comme instruments de propagande pour attirer, radicaliser et mobiliser de nouveaux membres.

En Suisse, de nombreux mineurs sont témoins de discours extrémistes et haineux sur la Toile. L'étude la plus récente réalisée à ce sujet y remonte à 2013. Ainsi, 10 % des 9-16 ans ont été confrontés à des messages de haine dirigés contre des groupes ou des personnes (étude EU Kids Online 2013).

Une grande zone d'ombre

Seule une faible proportion des cas d'extrémisme sont recensés dans le cadre des conseils fournis aux victimes ou des dénonciations. Il n'existe aucune statistique des cas d'extrémisme. En revanche, la statistique des conseils aux victimes de discrimination raciale en Suisse montre que le racisme à l'égard des Noirs est la forme de discrimination la plus fréquente. La deuxième place est occupée par l'islamophobie, dont les cas sont en augmentation. Les discriminations relèvent le plus souvent de la communication verbale ou non verbale, les plus fréquentes étant les insultes et les calomnies ou les fausses accusations (Discrimination raciale en Suisse. Rapport du Service de lutte contre le racisme 2014).

 
 

Pourquoi et comment en parler à ses enfants ?

Les actes de violence, en particulier en lien avec la radicalisation et l’extrémisme violent, suscitent la peur. Les gros titres dans la presse, sur les sites d’actualités en ligne ou à la télévision alimentent la peur d’attaques terroristes au quotidien, peu importe que les actes aient été commis à des milliers des kilomètres ou à proximité de chez soi. En tant que parents ou personnes responsables de l’éducation, la question se pose de savoir si vous devez en parler avec votre enfant. Vous êtes confrontés à un dilemme : d’un côté, vous voulez que votre enfant se sente en sécurité et vous n’avez pas envie de lui faire peur en le confrontant au terrorisme. De l’autre, votre enfant a le droit de savoir pourquoi de tels actes de violence sont commis dans notre société, et il a besoin pour cela d’être accompagné. Le guide du BEGS (Beratungs- und Anlaufstelle für Extremismus und Gewaltfragen Schweiz) pour les parents intitulé « Radikalisierung und gewaltbereiter Extremismus » explique comment et à partir de quel âge ou de quel niveau de développement il peut être judicieux d’en discuter avec son enfant.

 
 

Quelles sont les lois applicables ?

La liberté d’expression n’est pas sans limites : les attaques contre la dignité humaine ou les appels à la violence sont punissables. La législation suisse comprend de nombreuses normes qui visent à protéger les individus de la discrimination raciale, des appels à la violence, des discours de haine et du cyberharcèlement. On distingue plusieurs bases légales régissant ce domaine : la Constitution fédérale, les normes pénales contre la discrimination raciale, la diffamation, la calomnie, l’injure et les menaces, ou encore la protection de la personnalité en droit civil. Vous trouverez des informations sur les contenus et les actes commis en ligne punissables pénalement sous la rubrique « Actes punissables ».

Il existe également des normes contre la discrimination raciale aux niveaux communal et cantonal. Enfin, la Suisse a ratifié différentes conventions internationales dans ce domaine.

Pour de plus amples informations :

  

Attention

Les réseaux sociaux, notamment, sont utilisés par les groupes extrémistes comme instruments de propagande pour attirer, radicaliser et mobiliser de nouveaux membres.

  
  

A quoi mon enfant doit-il faire attention ?

  
 
 

Comment les jeunes peuvent-ils se protéger contre les discours de haine et la propagande extrémiste sur Internet ?

  • Ne pas propager de façon irréfléchie des opinions extrêmes sur la Toile.
  • S’informer sur les contenus et les actes interdits.
  • Éviter de poster des commentaires agressifs ou blessants.
  • Chercher à savoir qui se cache derrière une propagande avant de la soutenir.
  • Ne pas publier sur Internet des données et des adresses privées.
  • Configurer son profil sur les médias sociaux de sorte que les images sur lesquelles on est marqué puissent être rendues publiques uniquement si on le souhaite.
 
 

Comment réagir lorsque l’on est victime ou témoin de violence ou de discrimination ?

  • Chercher de l’aide auprès des parents, d’un enseignant ou d’un centre de conseil (voir adresses à la fin de cette page).
  • Bloquer la personne qui harcèle sur les médias sociaux.
  • Avertir l’exploitant de la plateforme via le bouton de signalement (qui est disponible sous chaque message posté). Ces signalements sont toujours traités de manière confidentielle. Si le contenu n’est pas effacé, vous pouvez évaluer le traitement de votre demande et donner un retour négatif ; votre signalement sera alors réexaminé. Pour plus d’informations : www.facebook.com/help
  • Ne pas justifier les propos que vous avez publiés dans le cadre d’une discussion sur Internet.
  • Dénoncer les cas à la police cantonale. De préférence, s’adresser d’abord à un centre de conseil pour savoir si une dénonciation s’impose vraiment. Attention : les dénonciations doivent être déposées dans un délai de trois mois après les faits.
  • Conserver toutes les preuves : captures d’écran avec indication de la date et de l’URL, discussions menées sur des tchats et photos.
  • Les insultes ne sont souvent pas dirigées directement contre vous-même, il ne faut donc pas les prendre trop personnellement.
 
 

Demander de l'aide en cas de nécessité

Faire appel à quelqu'un lorsque l'on est confronté à du harcèlement, à des commentaires haineux, à du contenu dérangeant, extrémiste ou violent.

 
 

Connaître les conséquences juridiques

  • Ne pas diffuser de représentations de la violence sur Internet. La représentation d’actes de cruauté envers des êtres humains ou des animaux est interdite (art. 135 CP). Quiconque partage des vidéos ou des photos d’actes de cruauté sur le net est passible de poursuites judiciaires.
  • Il en va de même pour les contenus discriminatoires ou racistes, les menaces et les insultes.
  
  
  

Que peuvent faire les parents ?

  

Comment les parents peuvent-ils prévenir l’extrémisme sur Internet ?

La culture des médias est liée à celle du monde réel. Il se pose donc des défis qui concernent la société dans son ensemble et qu'il faut affronter à différents niveaux. L'objectif premier est de renforcer une culture démocratique dans la vie de tous les jours, en famille, à l'école et dans l'espace social. Les parents peuvent apporter ici une contribution importante. Les enfants doivent apprendre à sentir où se situent les limites entre la plaisanterie, la satire, l'ironie et l'insulte, la menace, le mépris.

  
 
 

Lutter contre les préjugés

La lutte contre les préjugés et l'encouragement des attitudes positives à l'égard d'autres groupes, par exemple les minorités ethniques, les personnes en situation de handicap ou les personnes âgées, ont un effet préventif. Ce sont surtout les contacts sociaux avec d'autres groupes ainsi que l'empathie et l'adoption de la perspective d'autrui qui dissipent les préjugés (Averdijk/Eisner, rapport " Prévention efficace de la violence : aperçu des connaissances internationales actuelles "). Les jeux de rôle sont pour cela particulièrement efficaces.

 
 

Développer un regard critique sur les contenus médiatiques

Les adolescents doivent apprendre que derrière des vidéos amusantes ou des campagnes virales peuvent se cacher le prosélytisme de groupes radicaux. Ils doivent pouvoir reconnaître les stratégies de propagande, les Fake (faux) et les lynchages numériques. Là aussi, une réflexion critique et créative s'impose dans le cadre d'exercices pratiques.

 
 

Apprendre à communiquer de façon non-violente

Les enfants et les jeunes doivent apprendre à évaluer correctement les attaques et à communiquer de façon à désamorcer les conflits. Cela veut dire aussi savoir canaliser la colère, ce qui vient en grandissant. Il faut apprendre à recourir à d'autres moyens que l'insulte sur les réseaux sociaux.

 
 

Faire preuve de courage civique

Il faut encourager les jeunes à faire preuve de courage civique au moyen de contre-discours ou de discours alternatifs. Dans certains cas, cela peut être une manière de répondre à l'extrémisme sur Internet. Le contre-discours, par lequel on intervient dans le débat en ligne en donnant des contre-arguments factuels (debunking, démystification) et en se fondant sur les droits humains est un excellent outil pour renverser durablement les préjugés et faire changer les opinions partiales. C'est cependant un outil à manier avec prudence car il nécessite de bien connaître le sujet. Les discours alternatifs et les débats positifs peuvent constituer un contrepoids public au racisme et aux discours de haine et en particulier influencer de manière positive les lecteurs neutres. Ces débats peuvent aussi avoir lieu dans la vie réelle, par exemple à l'école, dans une organisation de jeunesse ou dans un cadre privé → Projets pilotes de contre-discours et discours alternatifs.

 
 

Discuter avec son enfant des actes terroristes

Lorsque votre enfant pose des questions à ce sujet ou lorsque vous pensez qu’il a besoin d’en parler, discutez avec lui de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme. Le but n’est pas d’expliquer l’inexplicable, mais de faire en sorte que votre enfant puisse exprimer ce qu’il ressent et trouver des réponses à ses questions. Faites attention aux points suivants :

  • Ne forcez pas votre enfant à discuter s’il n’est pas prêt.
  • Exprimez-vous de manière claire et compréhensible.
  • Ne laissez pas votre enfant accéder à des photos ou à des vidéos de violence.
  • Laissez votre enfant s’exprimer sur la manière dont il comprend la chose et sur ce qu’il ressent.
  • Rassurez votre enfant et donnez-lui un sentiment de sécurité. Rappelez-lui qu’il est protégé et soyez là pour lui.
  • Trouvez des mots appropriés à son niveau de développement et à sa personnalité.
  • Partagez avec votre enfant vos sentiments à ce sujet mais, ce faisant, veillez à rester calme pour ne pas éveiller sa peur.
  • Répondez aux questions que pose votre enfant.
 
 

Détection précoce de la radicalisation

Pour éviter toute évolution indésirable, il faut détecter très tôt les tendances à la radicalisation. Les signes ne sont toutefois pas toujours faciles à reconnaître pour les personnes extérieures, et la radicalisation reste parfois même indétectable. Il n’existe pas de profil typique d’une personne radicalisée ou d’un groupe radicalisé, ni d’indicateur montrant clairement qu’il y a radicalisation. Cette dernière peut être décelée grâce à la combinaison de plusieurs signes. Chaque personne la vit à sa manière, c’est pourquoi il faut toujours tenir compte de l’histoire et des circonstances personnelles.

Les jeunes qui sont réceptifs aux idéologies du djihadisme présentent notamment les caractéristiques suivantes :

  • provocations et propos en apparence courageux (par ex. affirmer partir en guerre prochainement) ;
  • menaces de violence ou autres délits ;
  • minimisation de la situation (par ex. affirmer que ce n’est qu’un jeu, un passe-temps) ;
  • changements brusques de comportement (par ex. éloignement vis-à-vis des personnes ayant d’autres croyances ou agression de ces personnes).

(Source: sicher!gsund! 2017)

 

 
 

Être attentif et aller chercher de l’aide

Faites attention aux moindres signes de peur ou de charge émotionnelle que peut montrer votre enfant (par ex. agitation, agression, retrait, apathie, maux de tête, perte d'appétit, nausée, cauchemars, difficultés à s'endormir, refus d'aller se coucher). Si nécessaire, allez chercher de l'aide auprès de professionnels (source : dépliant du BEGS).

 
 

Réagir correctement lorsque mon enfant s’est radicalisé

  • N’abordez pas la religion ou les croyances, car cela requiert des connaissances spécialisées.
  • Préservez l’aspect relationnel.
  • Essayez de rester en contact avec votre enfant.
  • Prenez clairement position : la violence n’est pas un moyen de résoudre les conflits, et rien ne la légitime.
  • N’adoptez pas une posture agressive ou de reproche, mais plutôt une attitude respectueuse et cohérente.
  • Le but de cette discussion doit être de faire réfléchir votre enfant sur son comportement et, si possible, de le faire changer afin qu’il ne représente plus un danger pour lui-même ni pour autrui et qu’il puisse continuer à évoluer de manière positive sans devoir interrompre ses études.
  • Si un doute persiste quant au degré de gravité des problèmes ou à la dangerosité de la situation, il faut faire appel à un centre de conseil ou à la police.

(Publication de sicher!gsund! : « Radikalisierung & Extremismus », 2017)

  
  
  

Autres informations utiles

  
 
 

Centres de contact contre la radicalisation et le racisme

 

Cette liste n'est pas exhaustive.

 
 

Informations pour les parents

Courage civique et compétences médiatique critique


Extrémisme et radicalisation