Campagne sur les risques du sexting

Campagne de Pro Juventute

 
 
 

Éclairage sur le sujet

  • émissions de JM Web sur le sexting (octobre 2013)
  • Sur notre chaîne Youtube, vous trouverez une sélection de vidéos pouvant inciter à la réflexion ou servir de base de discussion.
  • Nous avons parlé du thème «Internet et sexualité» avec un jeune homme de 16 ans, la mère d'une jeune fille de 15 ans et un délégué jeunesse. Voici leurs réponses.
 
 
 

Le sexting

A la découverte de leurs premières expériences sexuelles, Internet joue un rôle important: les adolescents flirtent dans les tchat, consomment la pornographie et s'informent sur la sexualité. Une nouvelle tendance est un phénomène qui s'appelle le sexting: les jeunes se photographient nus ou dans des poses suggestives et envoient ces photos à leur partenaire amoureux ou de flirt avec leur mobile. 

 

Cependant, une photo envoyée en gage d’amour peut se transformer en réel danger en cas de séparation : par vengeance, elle peut être transmise via téléphone mobile ou Internet à un large public.

 

Comment se protéger? Comment réagir? Où trouver de l'aide? En savoir plus sur cette page.

 
 
 

Le sexting, c'est quoi?

 
 

L’expression « sexting » est formée à partir des mots anglophones « sex » et « texting ». Elle désigne le fait d’envoyer par téléphone mobile ou par Internet des images ou des vidéos érotiques de soi-même. Cela concerne également l’envoi de messages érotiques ou pornographiques. Les contenus sont diffusés à une seule personne ou à un groupe, via des plateformes telles que Facebook, Whatsapp et Snapchat.

 

Le plus souvent, le sexting reste dans le cadre d’une relation intime : une image ou une vidéo aguicheuse est envoyée à l’autre comme preuve d’amour ou pour le draguer. Elles peuvent aussi être envoyées à un groupe d’amis, pour le « fun » ou par curiosité.

 
 
 
 

Que sait-on du sexting parmi les jeunes ?

 
 

En raison de la nouveauté du phénomène, peu d’études existent pour l’heure sur le sujet. En Suisse, le sexting concerne une minorité de jeunes : 8% des jeunes entre 12 et 19 ans ont déjà envoyé des photos ou des vidéos érotiques d’eux-mêmes. Les garçons sont beaucoup plus actifs: 14 pourcent d'eux on déjà envoyé des photos ou vidéos érotiques d'eux. Chez les filles uniquement 1 pourcent l'ont déjà fait (étude JAMES 2014).

 

Selon une étude réalisée en Allemagne (Döring, N. 2012), les filles sont davantage concernées par les risques découlant du sexting. Lorsque des images ou textes osés circulent sans le consentement de l’auteure, cette dernière est davantage stigmatisée et accusée de provocation, que si cela concerne un garçon.

 
 
 
 

Quels sont les risques du sexting ?

 
 

Le risque principal du sexting réside dans la rapidité de diffusion des contenus et la difficulté à les supprimer. En un seul clic, une image ou une vidéo compromettante peut se retrouver sur Internet et y rester pour toujours. Même s’ils ont été envoyés consciemment – à une personne de confiance ou sous l’effet de la pression du groupe – ils peuvent devenir la source de beaucoup de souffrance s’ils atterrissent entre des mains malintentionnées et/ou sont largement diffusés.

 

Dans quelques cas, des contenus à caractère sexuel sont envoyés à des personnes inconnues, ce qui représente également un risque. Par exemple, le fait de montrer ses parties génitales à un inconnu (de son âge ou non) par webcam sur un tchat.

 

La « Sextortion » est une forme d’extorsion en lien avec le sexting. Sous une fausse identité, un adulte se procure des images osées d’adolescents via les réseaux sociaux ou Internet. Puis, il menace de rendre ces images publiques, afin d’obtenir davantage d’images (strip tease devant la webcam par exemple), de l’argent ou une rencontre. 

 
 
 
 

Quelle est la limite entre le sexting et la pornographie ?

 
 

Soyez prudents avec les images pornographiques. Non seulement les adultes, mais également les mineurs qui envoient des photos ou des films pornographiques à des jeunes de moins de 16 ans se rendent coupables de diffusion de contenus pornographiques et sont passibles de sanctions pénales.

 

Les jeunes de moins de 18 ans peuvent être également poursuivis pour création et/ou diffusion de (pédo)pornographie. Lorsque des mineurs se photographient nus ou se filment pendant la masturbation ou des actes sexuels, ils produisent de facto des contenus à caractère pédopornographiques. Que les contenus les mettent personnellement en scène ou d’autres mineurs, ceci est interdit et passible de sanctions pénalesCependant, n'est pas punissable le mineur âgé de 16 ans ou plus qui produit, possède ou consomme, avec le consentement d'un autre mineur âgé de 16 ans ou plus, des objets ou des représentations pornographiques (art. 197, al. 8 CP).

 
 
 
 

Comment les parents et les enseignants peuvent-ils agir préventivement?

 
 
  • Parlez avec votre enfant ou avec vos élèves de ce qu’ils vivent sur Internet et dans les nouveaux médias. Montrez-leur que vous êtes intéressés par leur « vie numérique », par exemple en leur demandant des conseils d’utilisation.
  • Encouragez votre enfant à parler des contenus qui l'ont bouleversé avec vous, un enseignant ou un adulte en qui ils ont confiance.
  • Abordez ensemble la question de la présentation de soi sur Internet, et ceci de manière adaptée à chaque genre.  
  • Parlez avec eux des photos ou vidéos qui peuvent être risquées en cas de circulation involontaire. Assumeraient-ils que ces photos soient placardées dans la rue ou qu’elles passent de mains en mains dans la cour d’école ?
  • Déconseillez vivement à votre enfant ou à vos élèves d’envoyer, de mettre en ligne ou de conserver sur un support non sécurisé des photos ou des vidéos d’eux-mêmes nus ou dans des poses suggestives. Si de tels contenus sont tout de mêmes produits, conseillez-leur de faire en sorte de ne pas pouvoir être identifié.
  • Sensibilisez-les à la diffusion abusive de ce type de contenu : s’ils cliquent « like » ou partagent des photos/vidéos à des tiers, ils deviennent eux-mêmes harceleurs et contribuent à la souffrance de l’auteur des contenus.

 
 
 
 

Comment réagir en cas d’usage abusif de contenus de sexting ?

 
 

Si le/la jeune en est la victime :

  • Apportez-lui votre soutien en blâmant l’utilisation abusive de la photo ou de la vidéo par des tiers, et non en critiquant la représentation de soi en elle-même.
  • Essayez de trouver quelles ont été ses motivations à produire de tels contenus et de les diffuser, sans porter de jugement.
  • Informez celui ou celle qui a fait un l’usage abusif des contenus, que vous comptez déposer plainte.
  • Si des dynamiques de groupes sont en jeu, les enseignants, les élèves et les parents de la victime doivent être impliqués.
  • N’hésitez pas à chercher des conseils auprès de spécialistes et à recourir à une aide professionnelle (voir ci-dessous : Où trouver de l'aide?) 

Si le/la jeune mentionne des contenus détenus abusivement par quelqu’un d’autre :

  • Prenez la chose au sérieux, sans juger le contenu en lui-même.
  • Ne gardez pas les contenus, même pour constituer des preuves ; leur possession peut être punissable.
  • Informez celui ou celle qui a fait un usage abusif des contenus, que vous comptez déposer plainte.

Si le/la jeune a commis lui/elle-même un abus :

  • Tout en soulignant que c’est une bonne chose d’en parler, signalez-lui les risques (juridiques) auxquels il s’expose.
  • Discutez ensemble comment limiter ou réparer les dommages commis : par exemple en effaçant les contenus existants (sur ses propres appareils et sur ceux des autres) et en discutant avec la victime de la réparation qu’elle souhaite recevoir.

 

Aides-mémoire de Pro Juventute sur le sexting: pour les parents / pour les enseignants / pour les enfants et les jeunes.

 
 
 
 

Où trouver de l’aide ?

 
 

Pour les parents et les enseignants

  • En cas de harcèlement sexuel, demander de l’aide en appelant gratuitement le 147 (Pro Juventute) ou en se rendant sur ciao.ch ou telme.ch (tél. 021 324 24 15).
  • Pour obtenir des conseils en santé sexuelle, en toute confidentialité : centres de consultation / planning familial dans toute la Suisse.
  • Vous trouverez en outre dans notrebase de données des offres de conseil dans votre région.

 

Pour les enfants et les jeunes

 
 
 
 

Documents utiles pour les parents et les enseignants

 
 

Education sexuelle

  • Brochures gratuites de Santé Sexuelles Suisse à l'attention des jeunes et des professionnel-le-s
  • crac-crac boom-boom – informations pour les jeunes sur les droits liés à la sexualité.
  • Artanes.ch – site de l'éducation sexuelle à l'école (Suisse latine)
  • « Education sexuelle durant la petite enfance et prévention des abus sexuels – brochure destinée aux parents et aux éducateurs d’enfants de 0 à 6 ans », éditée par la Fondation suisse pour la protection de l’enfant : Informations et commande

 

Prévention

 
 
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